Contre Son Camp Rien à foot

Champions league : le Bayern-Juve de tes superhéros

Breizh Maduiti |  17 mars 2016

Bayer-Juve : 4-2 a.p. (0-2). Aller (2-2)
Buts. Bayern : Lewandowski (73e), Müller (90e), Thiago Alcantara (108e), Coman (110e) ; Juventus : Pogba (5e), Cuadrado (28e).

Professeur Guilty
Anti-Guardioliste affirmé, qui a passé l’une des pires soirées de sa vie devant un match de foot.


Uli Hoeness, nostalgique jusqu'à la 60e.

Uli Hoeness, nostalgique jusqu’à la 60e.

J’ai aimé

La volonté de la Juventus à prendre le Bayern directement à la gorge et ne pas tenter de gagner (1 à 0), à l’arrache.

Le but de Cuadrado et la chevauchée fantastique de Morata qui prend toute la défense allemande pour des pinpins. Respect : 0.

La tête à Uli Hoeness dans les tribunes pendant la période difficile. On peut lire clairement sur son visage qu’il préférerait être en prison à ce moment précis.

La débandade totale de notre ami Guardiola, complètement perdu pendant 60 minutes.

La dramaturgie de ces deux confrontations qui restera dans l’histoire de la compétition la plus prestigieuse.

Les Français, globalement très bons, si tu enlèves Evra de la liste. Mention particulière à Coman qui fait basculer le match.

La classe de Gigi avant, pendant et après. Au micro de BeIN, il a été grand seigneur. Quel homme, nom d’une pipe !

Kimmich en grande difficulté, c’est toujours un régal.

Que certains joueurs du Bayern continuent l’aventure malgré tout : Lahm, Alaba, Bob Lewandowki, Müller.

J’ai détesté

Tout ce qui touche de près ou de loin Guardiola, dans une quelconque émotion positive ou la sensation d’avoir bien négocié ce match.

La stratégie désastreuse d’Allegri en deuxième mi-temps avec des changements très mal sentis et une équipe qui courbe l’échine jusqu’à la sanction finale.

Imaginer les vrais tifosi mordus de football en famille, souffrir le martyr. Terrible. Pense à tous ces enfants de 6 à 10 ans qui ont dû pleurer. Parce qu’il ne faut pas oublier qu’en Italie, le foot, ça va très très loin. On n’est pas avec le petit Mathieu, supporter de Lyon, qui va se coucher à la mi-temps avec le maillot de Lacazette acheté par papy pour ses 8 ans et qui ne connaît pas plus de trois joueurs.

L’erreur d’arbitrage sur le but de Morata, injustement signalé hors-jeu qui change le cours de l’histoire.

Jean-Charles Sabattier, insupportable pendant 120 minutes. Que l’on aime le Bayern, ok, mais il ne faut pas oublier quand même que l’on doit rester un minimum objectif. Hier, nous avions à faire à un supporter lambda qui parle dans un micro avec deux potes. A noter d’ailleurs, deux ou trois taquets bien sentis de la part de Bruno Cheyrou et d’Anne-Laure Bonnet.

Bref, une soirée de merde.

 

Breizh Maduiti
En mode sobriété

Alaba ou Coman ?

Alaba ou Coman ?

J’ai aimé

Le match
Voire même l’aller et le retour. Par le talent des équipes et le suspense. Les deux meilleures formations en Europe à voir jouer, excepté le Barça, hors catégorie.

La Juve
Pendant 50 minutes, magnifique de justesse technique, de pressing et d’efficacité. Quand les Italiens jouent de la sorte, ils sont imbattables. Sur 90 minutes, c’est mieux.

Le 2e but bianconero en contre
Oh cette course de Morata tout en humiliation dans une defense bavaroise à la dérive, avec ce grand pont avant la passe parfaite et la merveille de feinte, contrôle extérieur et frappe de Cuadrado pour conclure. Le but frisson Champions league 2015-2016.

Thomas Muller
Le ballon d’or en puissance, c’est lui. Il a tout, surtout le fait de ne jamais trembler au moment de conclure, en dépit d’un charisme d’huître.

Ribery
Un match à l’ancienne où, outre le fait d’être plutôt bon et remuant, il était sur le fil, prêt à degoupiller. La baston n’était pas loin. Dommage.

Coman c’est possible d’être remplaçant, de rentrer, de mettre un bijou de centre décisif et d’enrhumer la défense turinoise sur le 4e but. Une star en devenir ou un coup d’épée dans l’eau ? Le Judas de Turin en tout cas.

Paulo Pogba
Un but de renard qu’il n’avait plus sur la tête et un volume incroyable. Faudra rester dans le même registre à l’Euro, mon grand.

Le réalisme et le mental allemand
Comme à la fin du XXe siècle. Ça ne joue pas terrible mais ça sait gagner bordel. Un métier.

Bob Lewandowski
Confirme match après match son entrée dans le Panthéon des grands avant-centres.

Neuer
Son arrêt robotique sur le centre de Paulo pour Cuadrado évite le (3-0) et la niche pour le Bayern juste avant la mi-temps. Le tournant du match.

J’ai détesté

Les choucroutes du Bayern
Difficile pour le téléspectateur de distinguer Alaba de Coman. Même Kader Boudaoud, le commentateur myope de France TV, avait droit de se tromper.

Le coaching d’Allegri
Pourquoi faire sortir un Morata on fire qui se baladait dans la défense rouge comme dans du beurre. Une weiss wurst mal digérée Massimo ?

Les 40 dernières minutes de la Juve et les 2/3 de sa prolongation
Recroquevillée derrière comme une défense de hand. Des plongeons débiles  pour gagner du temps. A l’italienne, quoi. Sauf que ça ne marche plus dans les années 2010.

Jean-Charles Sabattier
L’homme Bundesliga de BeIN est passé des larmes au rire. Il a eu un mal fou à cacher sa préférence outre-Rhin. On se serait cru sur la chaîne allemande ARD avec sa prononciation parfaite. « Neuiaaa » pour Neuer. « Mullaaa » pour Muller. Flippant.

Docteur Cevan Bommel
Les mains encore pleines de sciure

Bonucci de côté, Barzagli de face. La mafia (défensive) turinoise a encore frappé.

Bonucci de côté, Barzagli de face. La mafia (défensive) turinoise a encore frappé.

J’ai aimé

Le spectacle
Quel(s) match(s), cette double confrontation entre deux clubs historiques qui s’adorent. Vidal et Coman viennent de Turin, Benatia y va, Mandzukic lui avait fui Guardiola pour le Piémont via Madrid. Beaucoup d’engagement, de beaux buts, du suspense, la grande classe !

Barzagli et Bonnuci
Mafieux, toujours prêts à mettre des coups ou des punchlines. Roublards et extrêmement efficaces  !

Les Français
Coman, Ribéry, et Pogba sont en forme, cela fait de belles armes pour l’équipe de France. Autre bonne nouvelle pour Deschamps, Evra est dans sa forme optimale, avec sa distance de marquage qui le caractérise. Un artiste, au sommet de son talent, qui laisse Coman centrer pour le deuxième but du Bayern.

Pogba
Dans une forme olympique, il n’a pas économisé ses efforts, ce qui a usé sa crête. Il sera ballon d’or et enfin élégant lorsqu’il deviendra chauve !

J’ai détesté

Guardiola
Dans une forme olympique de Marseille : on ne comprend rien à ses choix de départ. Il désaoule à la mi-temps et remet son équipe dans l’ordre à la 60e. Génie ou gourou débile, le doute persiste.

Les surprises de Guardiola
Tout ce qui avait marché à l’aller à la poubelle ! Bernat qui était à gauche qui avait beaucoup combiné avec Costa, poubelle ! Costa est à droite, Bernat sur le banc. Devant la défense, Alcantara avait bien combiné avec Vidal. Niet ! Thiago est sur le banc, c’est le retour de Roussi Alonso qui vient amener sa vitesse.

Benatia
Le futur néo-turinois a bien montré qu’il ne voulait pas contrarier la vielle dame avant de tapper dans son sac. Il laisse passer Morata sur le deuxième but, et se fait logiquement sortir à la mi-temps. Vendu.

Serdar Tasci
Le fantôme du Bayern, recruté au mercato d’hiver pour compenser les blessures en défense centrale, et qui ne joue jamais.

Alaba
Qui s’est retrouvé plusieurs fois aux avant-postes sans peser, et qui n’est pas foutu de faire faute sur Morata pour éviter le contre. A force d’être partout, on n’est surtout pas dans le tempo …