Contre Son Camp Rien à foot

EURO 2016. Allemagne – Pologne (0-0) : le bulletin de notes

Breizh Maduiti |  17 juin 2016

L’Allemagne et la Pologne, c’est l’histoire des cousins ennemis qui s’aiment un peu quand même, sans se le dire. Les seconds sont deux millions chez les premiers, un record. En contrepartie, le voisin de l’Est fournit un beau contigent à sa Bundesliga. La Teutonnie mène aux points mais la Polakie lui résiste toujours. La légion des « owski » a même gagné pour la première fois à Varsovie lors des éliminatoires.
Les Germains, sans avoir la queue entre les pattes, ne faisaient donc pas les malins. Le match nul et vierge, somme toute logique, était tout sauf ennuyeux. De l’engagement, des redoublements de passe, des accélérations et un sacré bloc plombier. Du lourd mais peu d’occases : deux gros loupés de Milik, deux pétards mouillés de Götze et Höwedes. Tout en seconde période. Et puis c’est tout. Quatre points chacun, balle au centre, on se partage la poule C.


BREIZH MADUITI

L’oeil, pour une fois bienveillant, sur la National Mannschaft
 
Khédira, époque Real Madrid. Indice : ce n'est pas le chien.

Khédira, époque Real Madrid, milieu maboul. Indice : Sami n’est pas le chien.

Neuer : 12. Pas un arrêt. De peur de faire du somnambulisme, le colosse a terminé en roue libre à son poste préféré : libéro.

Hector : 15. Le joueur de Cologne a plus un blase à enchaîner les allers-retours dans les cafés philo que sur un couloir gauche. Leurre gagnant. La révélation de l’Euro ?
Boateng : 18. Des premières passes laser dans les pieds de ses attaquants, une présence monstrueuse dans les duels. Le tour de dos de Messi est oublié pour le golgoth du Bayern. Mais calme toi quand même Jérôme. Tu fais peur a tes coéquipiers quand tu t’agaces.
Hummels : 12. Plus aussi aérien qu’en 2014 quand il prenait Varane pour un fétu de paille, le traître de Dortmund a assuré l’essentiel. Relances simples, défense solide. Son ancien/futur poto Bob Lewandowski lui a rappelé, sur un duel, que les défenseurs allemands avaient eux aussi le droit de transpirer.
Höwedes : 13. Invisible jusqu’à son rush où il se retrouve en numéro 9, le central de Schalke 04, reconverti latéral droit en sélection, a fait son match dans la mesure où les Polonais n’ont presque jamais attaqué de son côté. Quand il s’agit de prendre des responsabilités, il n’a jamais peur de sortir les oeufs, Benedikt !

Kroos : 16. Avec Tony, c’est toujours buste droit, passe dans les pieds, coups de pieds arrêtés chirurgicaux. Le vrai blond. Le premier de la classe. L’Allemand, quoi !

Khedira : 15. Une bonne sacoche et une biscotte pour commencer. Après ? Des ballon grattés, une autorité au milieu et une alimentation constante de ses attaquants. Depuis son arrivée à Turin, Sami n’a plus rien à voir avec le benêt dans Scoubidou.

Draxler : 10. Le joueur-frisson d’Outre-Rhin a plutôt soufflé le froid ce soir. Jamais vraiment inspiré, le dribbleur de Wolfsburg a laissé sa place au dinosaure Gomez pour le dernier quart d’heure. Inexistant. Même si des empreintes paléontologiques auraient été retrouvées au SDF.Özil : 16. Les yeux les plus écarquillés de la planète foot étaient bien ouverts ce soir. Les pieds tricotaient pas mal et l’envie semblait là. Pas de doute, aucun club dans les parages du camp de base allemand. Mesüt se fait chier comme un rat mort et c’est tant mieux pour son pays.

Müller : 11. La star au nom bien de chez lui (un peu comme si Marvin Martin tutoyait les étoiles) n’est pas trop dedans depuis le début de l’Euro. Certes, il galope en continu, mais d’habitude, il frappe et marque. Aujourd’hui, à part sa bonne récup’ pour Kroos, on l’a vu (mal) tacler et tirer comme Giroud. Tu files un mauvais coton, Thomas. Mais mieux vaut ne pas trop te chauffer.

Götze : 4. Comment ce mec a-t-il pu être le héros du Mondial 2014 ? Une frappe de poussin à signaler, la même que contre l’Ukraine. Aujourd’hui, seule madame fait rêver. Remplacé à 20 minutes du terme par son compère du mondial brésilien Schürrle. André le rouquin n’a pas fait grand chose mais a semblé presque gigantesque à côté de la Gueuse (traduction française du nom de Mario NDLR).

Löw : 9. Pas de palpage de valseuses en Eurovision, cette fois-ci.  Joachim s’est tenu mais sans éclat, comme dans ses remplacements. Retour à la fantaisie allemande. Dommage.

PROFESSEUR GUILTY
En mode champion de Scrabble polonais

 

Guerre : les attaquants allemands se sont fait tirer dessus par un des membres de la charnière plombière.

Les attaquants allemands se sont fait tirer dessus par un des membres de la charnière plombière.

Fabianski : 17. Celui qui ski en Škoda Fabia nous a fait un perfect. Très rassurant dans ses prises de balles, il réalise la claquette parfaite sur le seul missile dangereux des Allemands.

Piszczek : 15. Ce soir, il ne fallait pas compter sur lui pour les grandes envolées lyriques. Lukasz a mis le verrou sur le côté droit de la défense et a jeté la clé dans la Seine.

Glick : 18. Un Glock 17 de chaque côté de la ceinture. Ultra précis, le taulier du Torino a été formé à la bonne école et ça se voit.

Pazdan : 17. Pas de passe d’armes entre lui et Götze. Il lui a marché dessus tout le match et ce n’est pas le vieux Gomez qui l’a dérangé. Charnière impériale ce soir.

Jedrzejczyk : 15. Comme son pote latéral de l’autre côté, il n’est pas non plus venu pour te pondre des alexandrins. Dur sur l’homme, il s’est foutu Müller dans la poche et l’a étouffé avec un mouchoir. Un mouchoir de poche.

Blaszczykowski : 14. Ce bon vieux Jakub n’est en effet blasé qu’au ski. Sur le rectangle vert, il s’en donne à cœur joie et fait le piston. Inlassablement. On l’a connu plus prompt devant, mais en face, ce n’est pas l’Albanie.

Krychowiak : 15. Krycho’ depuis qu’il a quitté les clubs moisis de Ligue 1 (Bordeaux, Nantes et Reims) et qu’il gagne l’Europa League tous les ans avec Séville, ce n’est plus le même homme. Des capacités physiques à faire du cyclisme, les pecs en plus, numéro 10 dans le dos, il fait tout simple et bien, sans le moindre stress. Chapeau.

Maczynski : 14. Valeureux dans l’effort lui aussi et sécurisé par son voisin du milieu axial, il a calmé les Teutons à grands coups de pare-buffle. Comme son nom l’indique, c’est aussi le patron de Ma Chaîne sport en Pologne.

Grosicki : 15. Gros kiki, bien qu’ayant un nom un peu présomptueux, nous a sorti le bleu de chauffe comme jamais. Présent pour filer un coup de main derrière, bien inspiré devant, il fut souvent le détonateur sur les attaques rapides. Pour un mec qui ose faire un Euro alors qu’il joue à Rennes (il n’y a pas un règlement qui interdit ça quelque part d’ailleurs ?), c’est du tout bon.

Milik : 12. Construit en acier trempé. Deux énormes occasions gâchées, mais indéniablement ce mec a quelque chose de plus. Très bon dans le mode Ligue des masters sur PES avec une belle évolution dans le temps, il prouve que dans la vraie vie on peut aussi croire en lui. À noter, ses coups de pied arrêtés sont de véritables fusées. Tellement puissants que l’on peut comprendre que ces potes hésitent à y mettre la tête.

Lewandowski : 13. Toujours pas de but dans cette compétition pour notre bon vieux Bob. Ça viendra tôt ou tard. Dans sa sélection, en bon capitaine, il travaille plus qu’au Bayern. Ce soir il s’est bien fait museler par Boateng, mais comme le dit le proverbe polonais : « Lewandowski » (traduction : le vent tourne).

Les remplaçants : non notés. Ils ont su parfaitement rentrer dans le moule. Ni plus, ni moins.

Nawalka (sélectionneur) : 18. Quand tu connais un peu le foot et que tu vois le 4/4/2 à plat, concocté par un coach aussi méticuleux que lui, tu peux d’avance te dire qu’il va falloir se lever de bonheur pour les bouger. Ce n’est certes pas le système le plus sexy, mais il permet de boucher tous les trous sans pour autant s’interdire d’attaquer. Le sélectionneur a gagné son match et permet à son groupe de croire encore à la première place avant le troisième match. Contrat rempli.

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