Contre Son Camp Rien à foot

France-Bulgarie, tribune A du SDF

Breizh Maduiti |  10 octobre 2016

Le coq sur la poitrine, la tête déjà aux Pays-bas !

Le coq sur la poitrine, la tête déjà aux Pays-bas !

Arrivée 20 minutes avant la Marseillaise. Trois contrôles plus tard – un premier style concert de Lorie et un dernier spécial vigipirate renforcé, à la limite de la palpation anale – et nous voilà dans l’enceinte dionysienne. Un plantage d’étage de tribune A et voilà que retentit l’hymne bulgare. « Hehehe, toujours aussi soviétique la chansonnette slave ». À la deuxième mesure de la Marseillaise, incursion dans la bonne coursive. L’enceinte s’avère bien plus pleine que les 65 000 pékins annoncés. Installation et première surprise. Cinq sièges et deux drapeaux bleu-blanc-rouge à dispo. De quoi exciter des spectateurs, comme nous, prêts à agiter le présent à chaque demi-geste de Grizou and co’ ou par pur plaisir de se la jouer tifoso. Trois secondes plus tard, la Dèche mania s’empare de nos corps et la première « secouade » du joujou gêne nos voisins bulgares un rang derrière nous. « Bulgarie Ounati ! Bulgarie ounati ! » (traduction phonétique) « Qu’est-ce que ça veut dire les gars? Bulgarie champion. » « Hehehe, on va voir ça ». Un cassage de rein de Bacary Sagna plus tard. « Tiens, il n’est pas à la retraite comme Evra lui, » et la team de Kostadinov junior ouvre la marque sur penalty.

Bulgari Ounati et hot dogs à 6 euros

Petite tape amicale de derrière. « Bulgarie Ounati ! Bulgarie Ounati ! » Le syndrome 93 n’est pas encore là mais il fait un peu plus froid d’un coup au Stade de France. Les Bleus sur le terrain reprennent les choses en main. Un seul joueur cristallise la grogne. « Il tricote, il lâche pas le ballon et il vaut 100 millions le gars? » Une tête plongeante juste en face de nous du (presque) puceau des GG fait lever le stade. Un centre rentrant de Payet plus tard et le rang 12 se fait encore plus silencieux. « Quoi, c’est pas Griezmann qui marque? » Raté, c’est Dimitri comme confirme l’écran géant du Stade où sûrement, grâce à une idée de génie de la cellule com’ de la FFF, Payet entame une p’tite célébration douteuse (en studio il va de soi, sur la pelouse la joie est plus mesurée). En tribunes, la footixie tricolore est en transe. Après trois tentatives de lancement de ola ratées, la vague mexicaine prend jusqu’à la 45e. Entrecoupée par un troisième rugissement de plaisir grâce à Antoine la fripouille à l’interception d’une bourde de la défense bulgare. L’arbitre renvoie les 22 acteurs aux vestiaires et les spectateurs au stand de hot dogs riquiquis à 6 euros. Petit regard chambreur au retour derrière. « Ça va les gars? » Le sourire est de mise et le visiteur est bon joueur quand ses protégés ne sont plus que l’ombre de la bande à Hristo.

« Bougez-vous le cul, j’ai parié 6-1 »

En seconde, les blancs et verts sont recroquevillés derrière. « Il vont franchir la médiane ou pas ? » Il faut dire que les Bleus assurent, combinent, voire taquinent. Les GG eux régalent sur le 4e. Pas envie d’être vexants avec les copains de derrière. Une très peu sobre agitation de drapeau suffira à chambrer. Blaise mord dans tous les ballons. Paulo tripote un peu mieux. La charnière Koscielny-Varane est  impériale à 50 mètres devant son but. Les jeunots Sidibé-Kurzawa gambadent comme des chiens fous. Payet redevient celui de la Roumanie. À la 70e, les Bleus se mettent en mode « projection sur le match suivant ». Les exigeants réclament : « Allez les gars, bougez-vous le cul. J’ai parié 6-1, moi. » Plusieurs se désintéressent du pré. Ça scrute la ola qui va foirer. Seuls les Irréductibles français, le groupe de supporters créé par la FFF, est en transe. Marseillaise, ovation pour Griezmann, le favori des ménagères. Tout le monde est content mais commence à se les cailler sévère. Nos potos bulgares se barrent même à la 82e, après un p’tit coucou sympa. Pas la coeur à être relous. Le respect se mélange à la mémoire. Vingt-trois plus tôt, nous chialions dans nos lits, quand Lama crachait de dépit devant la nuque longue d’Emil. L’arbitre aussi ne veut pas laisser filer le chrono trop longtemps, la 90e passée. Tout le monde rentre à la maison ou fuse vers le bar, sous le regard (presque) bienveillant des CRS.

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