Contre Son Camp Rien à foot

France-Serbie : mi-grand cru, mi-villageoise

Breizh Maduiti |  8 septembre 2015

pinardUn tandem Matuidi-Griezmann en mode patron, face à des tricolores des Balkans qui n’étaient pas venus en victimes expiatoires. Loin du public de tocards du Stade de France, dans la bien-nommée Matmut Atlantique (avec l’accent de Laspalès, svp ! Putain de naming…), le deuxième match international en trois jours de la bande à la Dèche a été riche en enseignements. Pour le même constat final que les copains de l’Ovalie : la victoire finale à l’Euro à dom’ est encore loin, mais quelques signes tendent à donner la banane.

Premier d’entre eux : enfin débarrassé de sa serpillère sur la tête, Bacary Sagna, après 50 sélections, a enfin adressé son premier bon centre en équipe de France. A la réception, le meilleur 9 depuis le début de saison, mon presque homonyme Blaise Matuidi ouvre le score de la tête, après avoir remporté une belle bataille de chiffonniers contre Griezmann.

Peroxydé, hipster et Rihanna

Le peroxydé de l’Athletico, rentré aussi cette saison dans le rang capillairement, a livré une prestation dans la veine simeonesque. Démarrage systématique dans le dos, élégance technique et altruisme. Un peu trop généreux, il a d’ailleurs beaucoup donné à Giroud qui, sûrement en hommage au terroir bordelais, était lui en pleine saison des vendanges. Le hipster imberbe d’Arsenal, sorti sous les sifflets, a beaucoup gâché mais au moins lui s’est donné et a été dangereux.

Ce qui n’a pas été (une fois de plus) le cas de l’ex de Rihanna qui à son entrée à la soixantième minute a bouchonné le tannique Saint-Estèphe des Bleus. A son actif, un beau renvoi en aile de pigeon sur corner (oui, il avait décroché au poste de latéral droit) et puis c’est tout. Martial, même s’il a régalé sur certaines prises de balle, a, en manière de frappe, à peine justifié le prix d’entrée d’un match de PH. Les attaquants étaient d’ailleurs confortablement assis sur le banc pour assister au doublé irréel de Matuidi, qui expédiait une papinade à l’entrée de la surface sous la barre au quart d’heure.

En mode OM imbattable du début des années 90, Valbuena, le honni du Médoc (et depuis peu de la Canebière) a enfilé, comme à son habitude en sélection, son costume d’indispensable. Le petit vélo a mis le gros braquet, à rendre fou des Serbes qui ont enfin sorti la panoplie de guerriers pour la dernière demi-heure. Technique et puissance caractéristiques ont alors assommé nos Bleus, incapables de mettre le pied sur le ballon, sortant par la même occasion de sa torpeur l’insupportable commentateur Kinder de TF1.

Bretzels, braderie de Lille et geysers

Heureusement, plus de peur que de réelles actions. L’excellent Schneiderlin, l’Alsacos’ d’Outre-Manche, est sorti du lot dans ces moments faibles. Pogba, hormis sur une action de classe et un bon centre, continue toujours un peu trop à se regarder jouer. La défense, en dépit d’un bon Varane (comme souvent) associé à Mangala, offre toujours aussi peu de garanties. Le but gag, encaissé par Hugo le taiseux, en témoigne. Trémoulinas pour son retour à la maison a été intermittent. Debuchy, qui a remplacé un Sagna en jambes, n’avait visiblement pas quitté la braderie de Lille.

Bref, à part au milieu, il y a toujours de la place pour s’incruster dans le 11 type. Mais une savoureuse première période et deux victoires d’affilée, ça a le mérite de regonfler le moral d’une équipe qui s’est quand même fait passer devant par l’Islande à l’ubuesque classement Fifa.

Et comme les petits de Guy Stéphan, le Gasset de Deschamps, ne sortent le bleu de chauffe que quand l’enjeu monte, il y a fort à parier sur un nouveau tour de piste au petit trot contre l’Arménie et le Danemark en octobre, avant de cravacher dur en novembre contre les Teutons puis les Rosbifs. Mais pourquoi ? Parce qu’il faut enfin fermer son clapet à ce premier de la classe de Müller et que taper les Anglais procurera toujours une ivresse incomparable.

 

 

 

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