Contre Son Camp Rien à foot

Guide du footard – PORTUGAL (groupe F)

Breizh Maduiti |  1 juin 2016

L’histoire

Cristiano Ronaldo, prêt à en découdre

Cristiano Ronaldo, prêt à en découdre

Des moustachus, maçons, avachis à manger de la morue devant des verres de porto. Tel est la pathétique image d’Épinal de nos amis Portugais chez nos beaufs. À regarder de plus près son équipe de foot, avec ses gravures de mode tout en excentricités capillaires, le Portugais 2.0 ne ressemble plus vraiment à son ancêtre. Le gars reste ancré dans la tradition, pourtant. Les frontières du plus vieil État-nation du monde, n’ont pas changé depuis 1249. En football, la constance ces dernières années est également de mise. Des qualifs, souvent au forceps et en barrages (pauvre Bosnie) et des phases finales de feu. Le Portugal, entré dans la CEE (future UE) en 1986, fait partie des valeurs sûres du Vieux continent. Son joyau de capitale, Lisbonne, et son antagoniste Porto, ne sont pas sans charme et méritent le détour. Pourtant, le Portugais ne tient pas en place. Plutôt explorateur entre ses Vasco de Gama, Magellan et Cabral. Bon à l’exportation, comme son équipe de foot.
Deux fois-demi-finaliste de la coupe du monde (1966 et 2006), trois fois demi-finaliste (1984, 2000 et 2012) et une fois finaliste de l’Euro à domicile (broke backés en 2004 par les Grecs, comme le reste de l’Europe, 1-0 en finale, après leur défaite initiale 1-2 en poules). Toujours placé, jamais gagnant et souvent émouvant, le futchebol portugais. Un pays de vrais passionnés. Sa communauté est bien intégrée en France, notamment en banlieue parisienne où atterrirent beaucoup de nordistes pendant la dictature (1926-1975) qui a pris fin par la révolution des oeillets. Pas de doute, cet été, les Portugais, eux, ne feront pas de fleurs, tous à fond derrière leur selecçao. Ensuite, la défaite arrivée, les Français « originaire du » et ceux « avec la double » se rangeront derrière les Bleus, si c’est dernier ne se sont pas craqués. Les deux pays se ressemblent : mêmes casseroles coloniales, même fièvre versatile. Et en matière de cracks, les verts et rouges n’ont rien à envier à leurs cousins hexagonaux, d’Eusebio, en passant par Figo, aujourd’hui le bionique Cristiano Ronaldo et bientôt (peut-être) Renato Sanchès. Problème fréquent : que ces derniers acceptent de jouer avec leurs buses de coéquipiers.

 

L’équipe

Ricardo Carvalho sera bien là

Ricardo Carvalho, le rocher monégasque, sera bien là

Cristiano Ronaldo et les autres. Depuis quatre ans, le Portugal était un peu rentré dans le rang et suivait ce schéma quelque peu Maniche(éen). Le cru 2016, avec Fernando Santos en viticulteur, s’annonce plus gouleyant. Sans CR7 qui a encore montré ses pec’ à toute l’Europe samedi, il vient d’éclater la Norvège lors de son premier match de préparation (3-0) grâce à son génie incompris Ricardo Quaresma et à Éder, arrivé en janvier à Lille pour se redorer la pilule. Outre le melon de Madère, la sensation à découvrir se nomme Renato Sanchès. Le dreadeux du Benfica vient d’être transféré pour la modique somme de 40 millions d’Euro au Bayern. En défense, il faudra (toujours) compter sur le garçon boucher truqueur Pepe. Sinon, des valeurs sûres venues de Ligue 1 (João Moutinho, Anthony Lopès et Raphaël Guerreiro) seront de l’aventure. Ce dernier, encore buteur lundi, s’est fait remarquer depuis ses débuts en équipe nationale. Les dinosaures Nani, Danny, Bruno Alvès, Ricardo Carvalho et Fabio Coentrão rodent toujours. Deux curiosités à observer : le défenseur de Southampton Cédric et le milieu de Valence André Gomès. De la brutalité, du talent pur et de la technique. Une chose est sûre : on ne s’ennuie jamais quand on regarde le Portugal.

Chances de gagner : 7%

Alors, fado sur toute l'Europe, le 10 juillet ?

Fado le 10 juillet ?

Comme CR. S’ils ne tombent pas sur la France ni l’Allemagne, bien sûr – leur bêtes noires en phase finale – nos amis guèches pourraient aller loin. On devrait, sans trop se risquer, parier de les retrouver au moins en 8e. Leur poule semble être une formalité entre l’Islande, l’Autriche et la Hongrie. Ensuite, tout est possible. De là à faire danser le fado à toute l’Europe le 10 juillet ? Si le triple Ballon d’or laisse son ego à Madrid, pourquoi pas. Sinon ? Ben, il devront attendre (encore) deux ans et continuer à y croire. L’espoir fait partie de la mythologie de l’équipe. Mais qui a vraiment envie de revoir le torse luisant du bon Christian ?

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