Contre Son Camp Rien à foot

La Fifa…rce du Mondial à 48 équipes

Breizh Maduiti |  11 janvier 2017

Un (mauvais) film, censuré aux amoureux du ballon rond

Un (mauvais) film, censuré aux amoureux du ballon rond

La Fifa (Fédération internationale de football association) a entériné, le 10 janvier 2017, à l’unanimité, le passage de la coupe du monde à 48 équipes en 2026, en lieu et place d’une formule à 32 (en vigueur depuis 1998 NDLR). Après la Russie en 2018 et le Qatar en 2022, place, dans une destination inconnue, à un foutoir à 48 équipes. Pour nombre de supporters, notamment ceux des Bleus où la pilule passe mal d’avoir perdu en finale contre un meilleur troisième de groupe, la patate chaude est difficile à digérer. Pas sur le principe mais dans le fond.

De belles intentions, vraiment ?
Ce petit séisme dans l’univers foot doit permettre « à plus de pays de rêver », selon Gianni Infantino, le président de la Fifa. Derrière une volonté affichée clairement philanthrope du crâne d’obus de la fédération « débarrassée de ses vices » se cache une réalité bien plus mercantile.
Selon lequipe.fr : « La réforme voulue et défendue fermement depuis sa nomination par Gianni Infantino était pourtant critiquée par une partie de la planète football. Mais la perspective d’augmenter l’exposition du tournoi, de générer des revenus supplémentaires et d’offrir leur chance à plus de pays a finalement eu raison des interrogations. » Justement question pognon, lemonde.fr parle d’un sacré pactole potentiel. : « Un rapport de la FIFA rendu public opportunément quelques jours avant le vote estimait à environ 640 millions de dollars de recettes supplémentaires un passage de 32 à 48 équipes. La dernière Coupe du monde, organisée en 2014 au Brésil, avait généré 4,5 milliards d'euros de revenus pour l'instance dirigeante du football mondial, selon les données communiquées par la fédération. »

16 poules de 3 équipes, et pourquoi pas 24 de 2 ?
En soi, la démarche apparaît plutôt noble. Offrir la chance aux petits pays cantonnés à des phases de qualifications sans espoir, à enfin connaître l’ivresse d’une phase finale. Pourquoi pas. Mais c’est après que ça se corse. Une formule de 16 poules de trois, car 16×3 = 48. Mais 12×4 et 7×6 aussi. Et si 6×7= Karembeu selon Jamel Debbouze, qu’en pense notre bon Christian ? « Au final, je pense qu’on retrouvera toujours les mêmes », soupire notre champion du monde néo-calédonien. Fort possible.
Mais au juste, quid des modalités ? Jean le Petit Enfant, (traduction littérale et approximative de ta team CSC) enfile le chasuble de défenseur, toujours dans les colonnes du monde.fr : « La bonne nouvelle c'est que le Mondial à 48 équipes se disputera encore sur 32 jours, que l'équipe vainqueur jouera 7 matches comme aujourd'hui et que le tournoi aura lieu encore dans 12 stades. » En somme, un match de poule en moins (deux au lieu de trois) et des 16es qui s’incrustent entre la première phase et les 8es.

C’est quoi le problème  ?
La principale victime dans l’histoire : la compétitivité. Plus de mérite de s’être sorti les doigts en qualification. La pression retombe. Les pays dominants sont quasiment assurés de participer et s’en retrouvent presque à se livrer à deux ans de matchs amicaux. Une fois le sésame obtenu, bienvenue dans une phase de poules faite de matchs déséquilibrés. Les gros feront le travail pépère, avec une deuxième chance s’ils se loupent. Les tout-petits vont plus essayer que livrer le match de leur vie, avec une espérance de vie guère au-delà des 16es, 8es dans le meilleur des cas. Le nombre de surprises descend en flèche. Et le principal risque : un spectacle en berne pour démarrer. En résumé, des équipes avec le couteau sur la gorge d’entrée qui ferment le jeu et se livrent encore moins qu’à l’Euro 2016 où les spectateurs et téléspectateurs ont déjà trop souvent bâillé à s’en décrocher les mâchoires. Bref, la « vraie » coupe du monde démarrera en 16es.

Les à-côtés au détriment du terrain
En même temps, difficile de le nier, l’ambiance dans ce rendez-vous du coup très international promet d’être au rendez-vous. Les fabricants de capotes s’en frottent le latex (attention, ça brûle). On se saurait qu’encourager les potentiels candidats à encore mieux ficeler leur dossier pour accueillir le raout. Il n’empêche, il reste comme un mauvais goût dans la bouche : comme souvent, le principal vainqueur de cette coupe de France globalisée sera le tiroir-caisse de la Fifa. Mais qu’est-ce que vous avez, connards de cuisses de grenouilles, à ne jamais cesser de gueuler ? Votre Euro a bien généré 1,2  milliards d’Euros, soit plus qu’il ne vous a coûté !
En effet, mais qui en sort vraiment gagnant, au final ? Les hôteliers ou les amoureux du ballon rond ? Des retombées économiques et de la fête, c’est bien. Du suspense et du beau jeu, c’est encore mieux. L’aficionado n’y trouvera inévitablement pas son compte. Aimer le foot ou le vomir ne se décrète pas. C’est plus charnel qu’autre chose. Alors, cette décision abracadabrantesque, comme dirait notre Jacquot vaillant de l’époque, va encore nourrir le débat dans un pays schizophrène comme le nôtre, amoureux déçu mais fou du parcours en compétition de son équipe nationale, surpris un mois durant les yeux enamourés pour ces trop-payés dans son sport le plus populaire dénigré par la majorité de ses bien-pensants

Une institution maboule qui ne tire pas les leçons
Les chantres de la domination, les plus forts, vont encore avoir du grain et moudre. Ils ont commencé et font semblant de monter au créneau. « C'est une décision qui a été prise pour des raisons politiques plutôt que sportives et c'est regrettable », a réagi l'ancien international allemand Karl-Heinz Rummenigge, un des patrons du Bayern Munich et président de l'Association européenne des clubs (encore dans lemonde.fr). L’ancien bourreau des Bleus, militant affichés d’une ligue fermée des meilleurs clubs européens,version sport US, d’ailleurs contestable aussi, reste avant tout un sportif. Et finalement, qu’est-ce qu’une coupe du monde réussie ? Quand tout se passe bien, que la communion entre les peuples est belle mais que, surtout, le football, dans sa plus belle expression sportive, est au rendez-vous. La Coupe du Monde 70 reste dans les mémoires. Celle de 1990 en Italie ou le mirage 2002 en Japon et en Corée, bizarrement moins. La formule avait pourtant fait ses preuves à 32. Apparemment, le 48 a plus excité les pontes de Zürich. L’idée frôle le génie si l’on en croit le site 01numerologie.com : « La vibration de ce nombre est plutôt de nature positive mais le 48 peut engendrer des instabilités si le mental ou l'environnement du porteur de ce nombre n'est pas équilibré. » Et en terme de « maboulerie », la Fifa a souvent excellé. Et ta team CSC s’en est souvent amusé, dès le lancement même de l’idée. Allez, haut les coeurs, le vainqueur des 48 sera vraiment le meilleur de la compét’ ! Comme celui de l’Euro passé à 24 équipes, hein ? La Fifar…ce n’a pas fini de durer !

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