Contre Son Camp Rien à foot

Ligue 1 : le club des quatre revanchards

Breizh Maduiti |  29 septembre 2015

revancheBen Arfa en mode Maradona 86 à Nice. Cavani redevenu El Matador au PSG. Le néo-Marseillais Lassana Diarra prêt à faire passer Matuidi pour un asthmatique. Bénézet la nouvelle pépite du Roudourou prompt à trouver à l’aile son nouveau Malouda. Soit un attaquant de classe mondiale, deux ex-Bleus aux espoirs déçus et un ancien de la Ligue 2 promis peut-être un peu tôt à devenir un tube de l’élite. Derrière ces quatre profils avec autant d’histoires, un même moteur : la revanche. Tocards en 2014/2015, ils sont revenus sur la pointe des pieds, par la petite ou grande porte. Depuis huit journées de L1, ils ne se contentent pas d’être bons : ils nous font carrément vibrer. Tout en se frottant les yeux, nous en redemandons, en ayant peur du moment où ça va s’arrêter. Car un risque existe : la Alain traorite. Ce syndrome d’origine lorientaise caractérise un joueur en feu tout l’été qui s’éteint peu à peu, pour vraiment disparaître en mai, avant de resurgir, tout feu-tout flamme, en début de saison suivante. Le virus perd de sa puissance au fil des années et des clubs.

 


ben arfaBen de Nice : le patient anglais remonte sur sa planche
Janvier 2015, Ben Arfa, plus en vue aux prud’hommes que sur les terrains, arrive sur la Côte-d’Azur les valises pleines de frasques. Et pim, recalé : impossible d’enfiler trois maillots différents dans une même saison. Un coup d’épée dans la Méditerrannée pour le patient anglais. Pourtant, ce manieur de ballon de génie n’aurait jamais dû revenir en France. Il devait devenir star Outre-Manche avec ses stades avides de spectacle. Mais il a encore réussi à tout faire foirer, seul, comme un grand. Ou comment passer de protégé de Saint-James Park au paria, détesté par son coach. Parti de l’East coast à la West coast english à Hull City, quelques kilos en trop sur la balance, il repart encore trois mois plus tard, la queue entre les pattes, après un énième clash. Pour lui, plus rien à faire ? Après six mois loin des matchs officiels, Hatem est redevenu Ben Arfa sous le maillot de l’OGC Nice et de son grand manitou Puel aux fils honnis. La France du foot avait presque oublié son p’tit con préféré : « Ah il est à Nice, je croyais qu’il s’était barré … » Et puis là, contre toute attente, il décide enfin de payer l’addition de sa formation made in France à coups de cafés-crèmes. Le dribbleur est redevenu magique, presque régulier, les excès d’individualisme de ses époques lyonnaise et marseillaise en moins. Le gars de Clamart s’est même mué en buteur : six pions déjà, dont la moitié dans le top buts. Rappelez-vous, avant l’Euro 2012, le Magpie arrivait avec le même crédit dans la sélection de Lolo Blanc. C’était avant le Swedengate des vestiaires. A suivre. Dédé n’a pas fini de toucher du bois.

cavaniTu connais le grand mec qui court pas à côté de Cavani ?
L’an passé, Cavani, méprisé de la star Zlatan, faisait peine à voir. Même le Parc, pourtant indulgent avec ce travailleur infatigable, avait fini par perdre patience et le prendre en grippe. Le Kezman du riche est redevenu depuis août le pistolero, tueur au sang froid du San Paolo de Naples. Malgré deux ou trois cagades, l’Uruguayen semble métamorphosé. Son toucher rectal chilien durant la Copa America a-t-il réveillé son orgueil latino-américain ? Remis de son divorce, les soucis du padre derrière lui, Edinson a envie de refaire cracher la sono du Parc. Sa voie de rédemption ne passera pas par le championnat mais la Ligue des champions. Pour enfin envoyer une mitraillette vers le ciel, un soir de victoire, avec Freddy Mercury dans les oreilles. Ou finir dans un pauvre ball-Trapp, le fusil en berne, avec Kevin…

Après un an à sucrer les fraises en Russie, Lass hysteria au Velodrome
diarraEn 2014, à pareille époque, Lassana Diara, Lass’ pour les intimes, n’avait même pas entamé sa saison au Lokomotiv Moscou. Il ne la démarrera d’ailleurs jamais. Mais qu’est-ce qui était arrivé au pur produit du centre de formation du Havre, depuis sa dernière apparition sous le maillot des Bleus, quand il s’était blessé en stage à Tignes quelques jours avant le fiasco de Knysna ? Le nouveau Makélélé de Chelsea, Porstmouth et Arsenal a juste fait les mauvais choix, redonnant tout son sens à l’expression « ça sent le sapin ». Après une expérience en demi-teinte au Real, le 6 de poche est allé se perdre en Russie. Comme Valbuena, on lui a peut-être fait miroiter un championnat gorgé du pognon des milliardaires du pétrole. Une compét’ qui allait gagner en niveau avec l’organisation du mondial en 2018. Peut-être un visionnaire lui a glissé : « Tu sais, Lass, dans trois ans tu seras visible. L’Equipe 21 aura les droits du championnat russe.  » Alors, dans les pas du melon Eto’o, Diarra partit à l’Anzhi. Un peu loin de la movida poutina, il tenta ensuite de rallier la capitale, avec le succès qu’on connaît. Finalement, marre des terrains champs de patates. Le semi-retraité fait son come-back du côté de la Canebière, avec ses cannes de vingt ans. Un match XXl contre l’OL plus tard et c’est Cabaye qui fait dans son froc. Tes buts n’y changeront rien, Yo ?

Bénézet et puis zut, tant pis pour Beauvue 
Benezet« Tu verras Pascalou, le petit Bénézet du côté du stade de Costières, à Nîmes, c’était une terreur. T’auras plus besoin de te sauver la dernière journée. Grâce à lui, tes roses vont durablement intégrer le top 10 ». Seulement voilà, peut-être le mal des montagnes, mais Nico boit la tasse avec ses copains d’Evian. Alors, en décembre, l’ETG balance la bleuzaille plus quelconque qu’attendue s’aguerrir du côté de Malherbe. Coup de bol : ce prêt coïncide avec l’embellie caennaise de la deuxième partie de saison. De quoi tomber dans les mirettes du mage Jocelyn et de son petit village armoricain qui résiste à l’envahisseur français et européen. Le pourtant bon Pied de retour un cran en arrière sur la Côte d’Azur, le duo Mandanne-Beauvue trop talentueux pour le 22 et la Benz se retrouve plein pot sur son aile à alimenter en cuir le Briand Jimmy. Pas assez pour ce mort-de-faim qui a aussi envie de croquer sa part du gâteau. Il faut quand même profiter d’avoir une bonne gueule de footeux, non ? Alors, autant mouiller le maillot et se permettre même de faire trembler les filets. Parfois avec un brin de chance comme sur ce modèle de Christophe Jallet (le centre qui se transforme en but) face à Monaco. De quoi rêver d’une belle carrière à la Malouda ? Peut-être. Ou d’une plus modeste Thibault Giresse ? Ce serait déjà un moindre mal.

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