Contre Son Camp Rien à foot

Milan – Inter, le bulletin de notes

Professeur Guilty |  1 février 2016

 

Message reçu

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L’inter, pourtant lancée comme une guêpe en début de saison est en plein doute. Le Milan, lui, cafouille sur des matchs à sa portée et doit absolument gagner celui-là pour accrocher le train et revenir à 2 points du 5ème, l’AS Roma de Rudi Garcia Luciano Spalletti. Voilà les donnés simples de ce derby della Madonnina. De toute façon, un derby, ça ne se joue pas, ça se gagne en pétant des jambes.

A ce jeu là, Milan n’a pas fait dans le sentiment :  3 à 0. Une première depuis 2002. Berlu’ en a perdu sa perruque.

Buteurs : Alex (35ème), Bacca (73ème), Niang (77ème).

Les notes seront sur 20, comme d’habitude.

San Siro : 15/20. Plein comme un Depardieu, des fumigènes à s’y perdre. Un tifo immense dans « la fausse aux lions », design à l’ancienne où l’on voit un milanais prendre le dessus sur un intériste dans un duel de la tête. Sobre. Côté chants, ça n’a pas arrêté. Il ne manquerait plus que ça s’arrête.

Milan, en 4/4/2 à l’ancienne. Donnarumma – Abate, Alex, Romagnoli, Antonelli – Honda, Kucka, Montolivo, Bonaventura – Niang, Bacca.

Donnarumma : 17. Premier derby chez les grands pour ce jeune génie hype. Le test ultime. Bon, pour le faire trembler, il faudra trouver autre chose que le foot. Impeccable sur toute la ligne, il a même rattrapé des situations improbables avec des sorties du torse, des dégagements dans les pieds en plongeant…un bémol sur une ou deux relances mal négociées dans l’urgence. Tant qu’à faire, son poteau le sauve sur le pénalty d’Icardi. Barakarumma.

 Abate : 12. Toujours transcendé, il a éparpillé sa testostérone sur tout le flanc droit du terrain. Solide défensivement, mais un peu absent devant.
Alex : 18. C’est fou comme certains joueurs peuvent durer. Alex leur a tout fait hier soir. Un but en mode tank où il explose physiquement Santon sur un duel aérien, des tacles de partout, des duels remportés systématiquement. Un roc. Coupable de la faute peu évidente qui provoque le péno où il laisse un peu trop traîner sa jambe en béton armé.
Romagnoli : 15. Si Alex part au casse-pipe avec joie et bonheur, Alessio, lui, c’est plus dans le swagg et la relance. Rarement sur le cul, il claque des têtes et coupe des trajectoires. Pas le genre à se salir.
Antonelli : 11. Moyennement inspiré hier soir, il a vite compris que sur son côté se trouvaient les meilleurs taquineurs de ballon. Il est donc resté sage, se contentant de défendre. C’est aussi ça, l’adaptation.
Honda : 16. Il aura donc fallu attendre 2 ans et demi pour voir le vrai Honda. Celui que tout le monde imaginait. Avec le temps de jeu et la confiance qui va bien, Keisuke s’est enfin lâché. Des dribbles à n’en plus finir sur son côté droit, une vitesse que l’on croyait perdue, des centres millimétrés, dont un qui se termine en passe décisive, on ne l’a pas reconnu. Sa mère a d’ailleurs appelé la direction pour savoir où ils ont caché son fils. Remplacé à la 89ème par ce bon vieux Prince, qui ressemble plus à Michael Jackson.
Kucka : 17. Et si c’était finalement lui, le plus beau transfert du Milan de l’été ? Arrivé comme une merde, moqué et négligé, Juraj est l’homme de main de Sinisa. Tu as déjà vu une coureur de 400 mètres avec une tronche de boxeur ? Non ? Regarde Kucka. Ultra précieux à la récupération, il a cette faculté à se projeter vers l’avant en partant en dribble avec un punch assez hallucinant. Ce mec est le fantasme de Cabaye. Ce 4/4/2 lui va à merveille. Le joueur box to box. Le mec taillé pour les derby.

Voici Kucka, et lui, t’ira pas lui dire que sa mère c’est un bisounours

Montolivo : 12. Moyennement influent sur le jeu, il peut se targuer d’avoir intercepté deux ballons très très chauds. Pour le reste, il a fait du Monto. Un distributeur mécanique.
Bonaventura : 14. Le joueur le plus technique du Milan n’a pas été dans son meilleur soir. Peut-être que le fait d’avoir la même gueule qu’Allegri le perturbe un peu. Auteur d’une passe décisive pour M’Baye suite à un ballon gratté dans les pieds de Santon (encore lui ! ).
Niang : 18. Extrêmement généreux dans l’effort, il en a payé le prix sur certaines actions avec un manque de lucidité dans ses contrôles ou ses dribbles. Milan a confiance en lui et a rejeté une offre de 14 millions pour qu’il file à l’anglaise. Bien leur en a prit. Il termine ce derby avec une passe décisive magnifique pour Bacca et un but. Bienvenue dans la famille milanaise M’Baye. Tu peux dormir tranquille, les tifosi ne l’oublieront pas. Remplacé par Mario Balotelli à la 79ème, juste pour la standing ovation.
Bacca : 13. Discret, il marque le deuxième but libérateur peu après le pénalty intériste manqué. Il avait promis dans les journaux de remettre un but en coup du foulard contre l’Inter si l’opportunité se présente, ce sera finalement un simple tacle rageur du mollet. Cela pourra suffire à son bonheur. Remplacé à la 85ème par Bertolacci pour fermer la boutique.
L’ENTRAINEUR
Mihajlovic : 16. Que dire quand ton équipe gagne ce derby si important 3 à 0 ? Il a fait les bons choix et insiste avec ce système en 4/4/2 plutôt efficace. Même si lui même reconnait que ce n’est pas son système préféré, il semble bien aller à ses joueurs. Ces choix de relancer Honda et d’aligner Kucka sont payants, tout comme faire confiance à Niang depuis le début de sa prise de fonction.
Interic de Milanc, en 4/2/3/1 à mobilité réduite. Handanovic – Santon, Miranda, Murillo, Juan Jesus – Medel, Brozovic – Perisic, Eder, Ljajic – Jovetic.
Handanovic : 13. Absolument pas fautif sur les buts encaissés. Dure soirée pour Samir.
Santon : 4. « Santon doigt, on l’a mis dans ton cul ! ». Voilà ce que leur aurait crié Alex et Bonaventura à la fin du match. Pas très classe. Il a bu la tasse tout le long du match.
Miranda : 13. Infranchissable et dur au mal pendant toute la partie, jusqu’à ce qu’il se fasse prendre dans le dos par Bacca, ce qui a coûté le but du break. Miranda est quand même un très bon défenseur.
Murillo : 14. Alors, celui-là ! C’est pas un poète ! Un mélange de Romao et de Heinze, avec la tronche d’un trafiquant de drogue. Pas le genre de mec à qui tu laisses ta fille.
Juan Jesus : 11. Capitaine du soir, Jean Jésus a plus subi que donné. Un peu comme son homonyme à la fin de sa vie.
Quand on te dit que Medel n'est pas fin

Quand on te dit que Medel n’est pas fin…

Gary Medel : 11. A lui non plus tu ne confierais pas ta fille. Le pitbull a essayé de se frayer une place dans le milieu de terrain où ça envoyait du petit bois, mais a finalement abdiqué devant Kucka.

Brozovic : 7. En vue en début de match, il a fait parler la poudre avec sa vision du jeu, ses changements de rythme et ses frappes dans le ciel. Finalement, il a plongé, comme tous ses potes.
Perisic : 6. Toujours le même match. Pendant dix minutes, tu te dis « tiens, ça y est ! », puis finalement non. L’homme énigme. Remplacé à la 77ème par Felipe Melo pour tenir le score (!).
Eder : 12. Fraîchement débarqué, déjà titulaire. L’attaquant de la squadra fout directement Icardi, pourtant capitaine habituel de l’équipe sur le banc. Clairement le plus en vue sur le front de l’attaque, il manque une belle occasion tôt dans la partie. Le reste n’est que tentatives manquées. Débuts ratés pour lui.
Ljajic : 6. L’homme invisible. Remplacé à la 87ème par Alex Telles pour tenir le score (!).
Jovetic : 5. Celui qui flambait à son arrivée marque le pas. Positionné en pointe, il a autant pesé qu’une plume sur le dos d’un éléphant. Enfin débarrassé de son vilain duvet de prépubère, il pourra peut-être avoir plus de chance de serrer en boîte. Remplacé dès la 64ème par Icardi, le mec tricard de la soirée (1/20), qui s’est illustré d’entrée de jeu en provoquant le pénalty du 1 à 1. Manque de chance, il l’avait tellement vu au fond avant qu’elle ne rentre qu’il l’a mise sur le poteau. Le reste n’a été qu’une traversée du désert.
L’ENTRAINEUR 
Mancini : 2. Nous en sommes à la 22ème journée de Série A et notre ami Mancio ne sait toujours pas quelle équipe aligner. Après s’être fait taper 3 à 0 par la Juve cette semaine en coupe d’Italie, il en reprend 3 contre le grand rival. Son choix de mettre son meilleur buteur et capitaine sur le banc et surprenant, tout comme s'entêter avec Perisic, Ljalic et Jovetic. Tous trois trop tendres pour ce genre de match. Idem pour le choix de Santon sur le côté, préféré à Nagatomo. Côté changements, il n’a pas fait dans la dentelle puisqu’il a décidé de bétonner lorsque son équipe s’est retrouvée menée 3 à 0. Cette blague là, même Montanier ne l’aurait pas faite. Pour couronner le tout, il se fait expulser par l'arbitre assez rapidement. Bien joué gros !
L’ARBITRE
Antonio Damato : 13. Très souvent dépassé par l’intensité, Antonio a choisi pour se détendre un peu et d’arbitrer à l’envers. Il a laissé joué après de gros tampons, a sifflé sur des petits accrochages. Son pénalty est assez généreux, mais il a eu au moins la présence d’esprit de ne pas mettre un rouge à Alex qui avait déjà un jaune. A noter, un très bon jugement sur une sortie improbable de Donnarumma dans les pieds d’un attaquant, qui, a vitesse réelle, était compliquée à juger. Mention bien.
Homme du match : M’Baye Niang.

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