Contre Son Camp Rien à foot

Un Euro parfait, à un poteau près

Breizh Maduiti |  13 juillet 2016

Nos Bleus entre reconquête, amour déçu et espoir

Aux armes !

Aux armes !

Tes larmes n’ont pas encore séché ? C’est normal. Toi, le fan de foot, voire même le néo-converti, tu viens de passer le lundi le plus difficile de ta vie de supporter des Bleus, depuis 10 ans (et un jour) et la défaite en finale du mondial 2006 face à l’Italie. « Ces millionnaires en short soutenus par des Smicards », comme les gratifient dans une jolie provocation Le Canard enchaîné, représentent en fait plus que ce qu’ils en ont l’air. Eux, ces gars entre 19 et 35 ans, plutôt habiles avec un ballon de foot et unis vers un seul objectif sportif : inscrire une ligne glorieuse à leur palmarès. Les mêmes portés par cette responsabilité irrationnelle de gagner pour leur pays. En la matière, le peuple est aussi râleur qu’il peut être aveuglé d’amour. « On a gagné » versus « ils ont perdu ». Taper dans un ballon pour une grosse poignée d’euros serait a priori facile ? En tout cas dans la vision intellectuelle des élites hexagonales. Pourtant, ces simples joueurs de foot arrivent à provoquer, par un simple match contre la bête noire allemande, un gigantesque élan de joie dans le pays, à en faire oublier la psychose ambiante. Quoi qu’en disent les éternels détraqueurs, qui d’autres que les Bleus pour soulever une telle passion populaire, une unité nationale à en oublier, le temps d’une épopée, les couleurs de peau, à mélanger les classes sociales. Pourquoi ? Car l’équipe de France a rejoué avec ses tripes et son coeur surtout. Ses joueurs paraissent de nouveau simples, accessibles et, surtout, ils mouillent le maillot. Pas tous des cadors mais au moins, ils semblent unis. Alors les gens s’identifient à un groupe sympa. Surgit l’empathie. Et le moindre fait de match est ressenti dans la chair, même par ceux qui n’ont jamais maîtrisé le cuir. La seule défaite est arrivée au pire moment. En finale, face à une équipe peu joueuse, un ton en-dessous mais valeureuse. Alors bien sûr, ce hold-up fait mal. Déprimant de se dire qu’il faudra se retrousser les manches afin d’obtenir son billet  pour le Mondial 2018 en Russie, sans garantie d’atteindre la compèt, encore moins la finale. La fin tragique rend les héros encore plus humains. Même si au fond, ce n’est et ça ne restera que du foot. Dans nos vies, pas de conséquences directes. Il faut relativiser mais la passion rend la chose plus ou moins facile.

Bon, Olive s'est fait rattraper par une Allemande, Benedikt je crois !

Bon, Olive s’est fait rattraper par une Allemande. Benedikt, je crois !

Une victoire des Experts du hand ? Un moment superbe. Un exploit du XV de France dans une coupe du monde ? Magnifique. « Eux au moins ne tombent pas comme ces danseuses de foot ». Mais tout de même, ces sports resteront des nains en terme de mobilisation à côté du foot, à jamais numéro un. Pourquoi ? Car tout le monde, fille comme garçon, sur un terrain de foot, une cour de récréation ou dans la rue a au moins, un jour, tapé dans un ballon. D’autres raisons ? La simplicité de ce sport, sa beauté et sa cruauté, sur le rectangle vert et autour, en font un puissant miroir de la société. Un tiers des Français – si on en croit les audiences tv de la demie et de la finale – a vibré, s’est agacé et a rêvé de voir ses footballeurs soulever le trophée. Une coupe à valeur thérapeutique au vu des derniers événements. Le contexte rend le goût d’inachevé encore plus amer. Mais les joueurs n’ont pas à porter la responsabilité des maux de leur pays. Ils sont là car ils jouent bien au foot et c’est tout ce qu’on leur demande. Et c’est justement l’amour de ce jeu, avant même de ses héros, qui a justifié cette passion démesurée, bien au-delà de cette bulle d’argent qu’est devenu le ballon rond.  Même les plus réticents, les dégoûtés de 2010 ont rallumé le coq dans leur coeur. Certes, tout n’a pas été parfait. Le beau parcours n’était pas évident à prévoir mais l’espoir habitait les suiveurs avec des joueurs évoluant dans des grandes écuries européennes et trois derniers mois porteurs d’espoir. Pourtant, face à la Roumanie, à un éclair de Payet près, ça démarrait plutôt mal. Contre l’Albanie, les vieux fantômes s’étaient clairement rapprochés, jusqu’à la tête de Griezmann, devenu Grizou au fil de la compétition. Le terne dimanche suisse et la première mi-temps face aux Irlandais laissaient entrevoir le gadin. Et tout à coup, la lumière a jailli, du talent d’un blondinet d’une élégance rare. Et surtout des porteurs d’eau autour. Moussa Sissoko incarne cette hargne sublime. Alors, DD et tes gars, vous n’avez peut-être pas gagné. C’est rageant mais quelle plus belle victoire que de retrouver l’amour d’un peuple, prêt de nouveau à vibrer pour sa génération Paulo. Pourvu que ce ne soit pas, comme en 2006, qu’un feu de paille. Soyons optimistes, cette équipe a de l’avenir et a posé les bases pour nous faire vibrer encore pendant quelques années. Alors, allez les Bleus ! Allez les Bleus !

CSC, trois Superhéros et l’essentiel : vous

N'GoloPour ta team CSC, ce trio de Superhéros (Breizh Maduiti, Docteur Cevan Bommel et Professeur Guilty) en 1-1-1, l’Euro a démarré mi-mai. Il se termine avec des étoiles plein les yeux et la satisfaction du « travail » accompli. Un énorme merci à vous de nous avoir suivis et d’avoir osé la compétition sous notre lecture décalée. Se marrer, s’enflammer, toujours avec humour, telle était notre mission. Pendant deux mois, avec en préambule ce Guide du footard et ces fiches pays, nous avons tenté de vous faire kiffer. Tout du moins sourire. Nous ne nous sommes pas économisés mais votre fidélité le méritait. Au détour d’une intox ou d’un bulletin de notes, nous avons tenté de partager notre ressenti, sans jamais se départir de cette touche délirante. Un noyau de fidèles s’est constitué. Vous avez été plusieurs à nous lire et à partager l’événement avec nous. À la pause café, dans les transports en commun ou peinard le soir sur votre ordi, vous étiez là. Nous avons pris un plaisir énorme à concocter ces tee-shirts pays, à coller, ou faire coller par les amis et la famille, nos stickers détournés des Bleus. Autre madeleine de Proust : notre concours de paris a réuni 22 participants (dont ton trio). Le grand vainqueur s’appelle Romain Galtier et nous vient de Marseille. Bravo pour ton museau et ton assiduité à nos côtés. Bref, aujourd’hui, l’Euro c’est fini. Les programmes TV oublient peu à peu de foot. L’impression de vide remplace vite le gavage. Pourtant, le mois écoulé n’a pas toujours été formidable. En terme de spectacle sur le terrain, l’Euro 2016, euh pardon l’UEFA Euro 2016, ne nous a pas vraiment fait bander. Heureusement, l’essentiel a été atteint. Hormis la tache hooligans, ce mois de foot a constitué une belle parenthèse : dans les fans zones, les troquets, dans les foyers équipé d’une télé. Une compétition continentale a permis aux gens de se retrouver, aux peuples de se réunir et de passer un bon moment ensemble. Le prétexte football est loin d’être occis. Et ça, c’est beau !

Rendez-vous fin août
Cet été, nous allons la mettre en veilleuse, avec deux ou trois banderilles selon l’actu du mercato. D’ici là, de belles vacances avec ceux que vous aimez et bon courage au taf pour les autres. Rendez-vous fin août pour la reprise de la Ligue 1 et des championnats européens. Puis viendra l’heure de la Ligue des champions et peut-être d’un nouveau concours de paris. En septembre, du côté de la Corrèze de Doc et Prof, ta team te prépare une surprise. Teasing quand tu nous tiens… Tu n’en sauras rien. Alors, à très bientôt pour de nouvelles aventures de futchebol (comme on dit aujourd’hui en Europe). Made in CSC, forcément.

PS : Un gros big up aux Irlandais. À leurs supporters, bien sûr, mais surtout à leurs footballeurs. Ceux du sud face aux Suédois en poules et ceux du nord contre les Gallois en 8es ont pris la peine de marquer contre leur camp. Merci encore pour l’hommage.

PS (2) : Nostalgique ou accroc secret du karaoké, repasse toi en boucle notre hymne de l’Euro by ton Professeur Guilty. Du lourd.

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