Contre Son Camp Rien à foot

FRANCE (groupe A)

Breizh Maduiti |  9 juin 2016

L'Histoire

Il va nous le faire (encore) payer cher, s'il chante !

Elle est grande mais sent un peu la naphtaline, en ces périodes de courbe basse, de psychose terroriste et d'état d'urgence. Le Français est arrogant, querelleur, beau. En tout cas, il se voit ainsi. Et pour lui, avec un grand meneur d'hommes, rien n'est impossible. Son football ? Pas mieux. Le lustre appartient au passé. Aux Kopa, Platini et Zizou. Aujourd'hui, c'est Olivier Giroud en numéro 9 et François Hollande à l'Elysée. D'accord en 98, Guivarc'h canardait les pancartes Nutella et ça s'est bien terminé… Le happy-end footballistique, une habitude apprise d'ailleurs sur le tard dans l'Hexagone. Les Bleus considérés longtemps comme les Brésiliens de l'Europe, en mode loosers, ont ouvert leur palmarès, à chaque fois à domicile. C'était en 1984 sur le Vieux continent et en 1998 à l'échelle mondiale. Son meilleur match ? Sûrement sa plus belle défaite, un étouffant soir de 1982 à Séville, quand le gentil Battiston se fit hâché menu par le méchant allemand Schumacher. En Formule 1, l'Histoire s'est vengée mais pas besoin de polémiquer. Le Français est champion du monde en la matière. Il n'a pas besoin d'aide. Et c'est parfois le problème. Il pense être toujours au sommet avant de se prendre la réalité dans la tronche. Après chaque titre, quatre glorieuses dont un deuxième titre européen en 2000. Et pour finir l'olympiade, patatras (remember 1988 et 2002 avec la double casserole chanson de Johnny-pub sur la deuxième étoile). En France, la coupe est soit complètement pleine, mais le plus souvent désespérément vide. Pas de demi-mesure : on gagne ou on se ramasse. La dernière décennie des Bleus est à ranger dans la deuxième catégorie. Comme à l'Eurovision, les États baltes faisaient peur. La faute à qui ? Au commandant, pardi ! Pas à la hauteur. Ses troupes ? Pas franchement mieux. Les prédictions de Raymond II le Maboul et ses grévistes de Knysna resteront à jamais dans les mémoires. Une période sombre à peine éclaircie par Lolo « hara kiri en 3-5-2 » en 2012, fossoyeur de cette si charmante génération 1987 (Karim, si tu nous entends !), toujours en disgrâce dans l'opinion publique. Heureusement, depuis, la France a retrouvé un général digne de ce nom : Dédé la Taquetiqueu. Une carte d'identité française, une ascendance basque, pour une mentalité toute italienne. Sa force : un CV et ce talent de miser sur les meilleurs même s'ils lui chient dans les bottes (n'est-ce pas caporaux André-Pierre, Dimitri et Adil !) Le sélectionneur au sourire anti-colgate a réussi à le redonner à ses quelques 60 millions d'alter-ego du pays, voire même à insuffler un semblant d'espoir, avant cette nouvelle campagne à la maison avec sa nouvelle division blindée made in Champions League.

 

L'équipe

Kingsley Coman ou Ngolo Kanté ?!

La sélection au coq brodé a bâti l'essentiel de ses succès sur une défense en béton. La Dèche, lui, va être obligé de prendre la tendance à contre-pied. La talent se situe devant mais surtout au milieu. Dans le pays de la pétanque, la triplette Diarra-Matuidi-Pogba peut tirer, pointer et râtisser. Et Kanté, le champion d'Angleterre de Leicester, ramasser le petit en cas de défection d'un des trois. Difficile à imaginer cependant que le fox à la tête d'enfant bouleverse les plans en triangle de DD. Diarra, le Marseillais pour plus très longtemps, est revenu monstrueux d'un exil russe. Matuidi garde son style dégueulasse mais possède quatre poumons. Après une saison où il est parti sur les chapeaux de roue avant de s'effondrer, Blaise vient de rallumer son moteur en finale de Coupe de France. Pogba, futur Ballon d'or en puissance, devra la jouer comme à Turin et laisser sa nonchalance aux vestiaires. Il partage le statut de star de l'équipe avec Antoine Griezmann. Un vrai faux 9, pur produit de l'école française, qui catalyse des atouts à la pelle : une gueule d'ange, un cerveau et un talent fou. Tous les espoirs devant reposent (trop ?) sur lui. À ses côtés, pour constituer le trident offensif, le complémentaire mais bouffeur de feuilles Giroud, et sûrement Payet, qui sort d'une saison de fou avec West Ham et sait en plus tirer les coups de pieds arrêtés. Les supersubs ? Les jeunes qui montent, voyons : Martial, l'homme qui valait 80 millions, et Coman, le renard dribbleur de Münich. Les deux derniers matchs de préparation (30 mai face au Cameroun à Nantes, 4 juin contre l'Écosse à Metz) ne devraient pas – sauf blessure – changer la donne. Ces deux galops d'essai ne seront pas de trop pour essayer de colmater le gruyère défensif. Le meilleur atout, Varane, est forfait. DD a décidé de rebattre les cartes avec Rami. Une certitude : Koscielny, devrait tenir le deuxième poste de la charnière car Mamadou, le héros d'Ukraine, a déconné pour faire fondre ses poignées d'amour. Le danger adverse viendra des côtés avec le club des retraités, Evra-Sagna, à la mentalité aussi irréprochable que son marquage est élastique. Les doublures – dans l'axe « mes que un rouquin » Mathieu associé au roc Mangala, sur les côtés le crâne d'obus Jallet et la raie Digne – sont valeureux mais guère plus rassurants. Dans les buts, le toujours aussi peu charismatique Hugo Loris, n'a pas vraiment de concurrence. Ni de jeu au pied non plus, et c'est bien dommage. Il n'empêche, si le collectif joue au diapason, comme lors des deux probantes sorties amicales face aux Pays-Bas et la Russie, tous les espoirs sont permis. Ou pas. C'est ça la France, comme chanterait notre bon vieux chanteur revolver Marc Lavoine.

Chances de gagner : 100 %

Imaginez nos Bleus actuels là-dedans. Ce serait moulant, non ?

C'est écrit. La France, quand elle est pays organisateur, sauf exception (premier Euro en 1960 remporté par l'URSS et coupe du monde 1938 par l'Italie) gagne à domicile (1984, 1998) – ou à proximité de ses frontières (Belgique-Pays-Bas en 2000)… Et l'Euro tous les 16 ans (1984…2000… 2016 ?) Pour donner raison aux statistiques, il faudra se sortir les doigts… Le groupe semble abordable (Roumanie inconnue depuis les années 90, Suisse en perte de vitesse et Albanie qui nous a battus dans nos faux éliminatoires mais l'Albanie, quoi). Pour soulever le trophée Delaunay, il faudra suer un match de plus. Avec un plateau de 24 équipes, le 8e de finale apparaît. Alors déconnez pas, les mecs. Ne faites pas comme nos amis anglais au rugby l'an passé. Didier le sait : ce sera soit le succès (a minima une demi-finale perdue avec panache), soit la Dèche !

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