Contre Son Camp Rien à foot

IRLANDE (groupe E)

Breizh Maduiti |  9 juin 2016

L'histoire

Les ennemis sont toujours venus d'Angleterre

L'Irlande, c'est à la fois l'histoire récente d'un pays indépendant en 1919 où la république a été proclamée…en 1949. Mais également les traditions séculaires du tout un peuple celte. L'Eire, en gaélique, la langue locale, évoque la religion catholique et ses abus, les emblèmes du trèfle et la Guiness, cette bière brune mythique dont une pinte équivaut à un steak. Les Irlandais, pour fuir la famine, ont souvent émigré de l'autre côté de l'Atlantique aux États-Unis d'Amérique pour trouver une vie meilleure. Pas un hasard, si leur joueur le plus connu encore en activité, Robbie Keane, taquine le cuir aux Los Angeles Galaxy. L'Irlande, surnommée « tigre celtique » après son boom économique de la fin du XXe, est rentrée dans le rang. Elle reste très europhile (elle a intégré la CEE, future UE en 1973), paie en euros. Un amour jamais désintéressé, bien souvent dans le but d'emmerder les Anglais.
Côté football, sans jamais faire figure de nation majeure, la « ginger army » (l'armée rouquine) incarne les équipes valeureuses du Vieux continent. Pourtant, elle n'en est qu'à sa troisième phase finale (éliminée en poules en 1988 et 2012). En coupe du monde, les verts et blancs ont mieux exporté leur « fighting spirit ». C'était en 1990 en Italie, seulement éliminés en quart par le pays-hôte, ainsi qu'au Japon et en Corée où ils se sont faits sortir par l'Espagne aux tirs au but en huitième. Jamais ridicules mais souvent floués. Leur cauchemar se nomme l'équipe de France. Après avoir raté le train pour l'Allemagne à cause d'un magnifique enroulé de Thierry Henry en 2005, bis repetita en 2010. Dans le rôle du bourreau, toujours Titi l'Anaconda qui réalise sa passe D à Gallas de la main. Une injustice dont se sont hélas habitués les Irlandais. Même si au fond, ils s'en tapent. Dans la mesure où le football ressemble pour eux au soccer US : un sport de gonzesses qui arrive loin derrière le rugby et surtout à des années-lumières des sports gaéliques dont les plus connus sont le football – qui se joue dans l'antre de Croke park de Dublin – et le hurling – synthèse entre le base-ball, le hockey et le foot. Atypiques ces Irish. Et toujours fiers de leurs couleurs, défendues jusqu'au dernier souffle.

L'équipe

Même la marque à la pomme porte un nom irlandais !

Toujours pénibles à jouer, pour ne pas dire plus, les Irlandais ont accroché en éliminatoires l'Allemagne à leur tableau de chasse (1-0) et renvoyé Pjanic et les Bosniens à leurs études lors des barrages (1-1, 2-0). En mars, la Suisse a perdu (1-0) à l'Aviva Stadium et la Slovaquie a été tenue en échec chez elle (2-2). La recette : peu de buts encaissés, peu de buts marqués et pas de stars. Il faut dire que le championnat irlandais avec ses provinces, comme au rugby, fait un peu pitié. Alors le sélectionneur…nord-irlandais Martin O'Neil, assisté par Roy Kean, l'ancien aboyeur de MU, va puiser son réservoir d'internationaux dans les seconds couteaux des championnats anglais (Everton, Aston Villa, Stoke, West Bromwich, Norwich…) et écossais. Trois noms sortent du lot : le gardien quadra Shay Given et deux membres éminents du club des 35 piges : la fine gâchette Robbie Keane et l'ancien Red devil John O'Shea. Pas du tout jeune, quoi. Le reste : une meute de chiens de la casse, avec des noms du cru : Whelan, Long, Walters, Brady, Henrick, Hoolahan, des « Mac » à la pelle (Carthy, Geady, Clean). Un style de jeu : physique, direct et aérien. Du pur kick and rush, mélange de duels, de pressing et de contre-attaques rapides. Pour le spectacle, passez votre tour. Pour l'engagement, welcome !

Chances de gagner : 4,3%

En plus, Michel a fait du pognon sur eux. Dur.

Comme leur nombre d'habitants (en millions). En réalité, la probabilité de les voir soulever le trophée flirte plus avec la bulle. Le combat sera bien plus prosaïque : faire mieux que leurs deux meilleurs ennemis, l'Angleterre et l'Irlande du Nord. Et il faudra se retrousser les manches dans le groupe de la mort avec la Belgique, l'Italie et la Suède. Tu auras sûrement plus de chances d'entendre Les Lacs du Connemara de Michel Sardou à un mariage que de voir leur pays en huitièmes.

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