Contre Son Camp Rien à foot

La fine équipe

 

 

Initialement, nos trois super héros vivaient sur la planète Ligue 1. Après un combat perdu contre le redoutable Capitaine Thiriez dit « L’homme Moustache », ils durent prendre congés sur une autre planète pour se ressourcer. En vagabondant dans le froid et la chaos de l’espace, ils découvrirent une minuscule planète, inconnue des scientifiques terriens. La planète « onsefendlagueuleàcoupsdehache ». Derrière ce nom pour le moins barbare se cachait une idéologie remarquable : on peut rire du football. A partir de ce moment précis, Dr Cevan Bommel, Breizh Maduiti et le Professeur Guilty le savaient : Ils avaient les pouvoirs nécessaires pour vaincre le désarroi du 0-0. Ils pouvaient faire rire un téléspectateur anonyme à propos de Bacary Sagna.

Rien ni personne ne pourra les arrêter. Ils domineront le monde.

Voici leurs histoires personnelles, par ordre alphabétique, parce qu’il faut toujours mettre de l’ordre alphabétique dans la vie.

 

Breizh Maduiti a humé pour la première fois l’air de sa Bretagne natale, à Brest – même, un matin ensoleillé d’août 1884 (bon d’accord, il y avait une épaisse brume), soit précisément 114 ans avant l’assassinat de « Tri matelod », l’hymne celte d’Alan Stivell, par les Parigots de Manau. Ce crime de lèse-druideté allait bouleverser son existence, l’année même du premier sacre mondial des Bleus où « maintenant qu’on a vu ça, mon bon Jean-Mimi, on peut mourir tranquille, enfin le plus tard possible » dixit feu Thierry Roland. Cet événement fit de ce croqueur de ballons ronds un réac éternel du rectangle vert. L’homme décida ainsi, pour marquer le coup, de revenir mener une honnête carrière en poussins E dans la périphérie brestoise, où il avait pourtant rangé ses crampons depuis l’âge de neuf ans. Inévitablement nostalgique, cet amoureux du beau jeu, éternel contestataire d’une évidente supériorité, se mit à supporter des clubs abonnés à la loose. Au premier lieu, son éternel Stade brestois 29, ex- Brest Armorique. Ainsi, quelques années plus tard, il niera (il nie toujours d’ailleurs) le transfert Nolan Roux chez les Dogues, puis les Verts, continuant copieusement à abreuver d’insultes et de mépris Guingampais et Rennais. Son club de cœur n’évoluant que rarement dans l’élite, il développa une autre tare, plus ennuyeuse celle -ci : un opportunisme à toute épreuve. Marseillais en 93, Sang et or sous Tony Vairelles, il devint Lyonnais pendant sept ans. Aujourd’hui, il loue l’arrivée des Qataris au Psg : « Ils ont des millions mais ils ont aussi eu le nez creux avec Verratti. » Mis à part cet écart bling-bling, ce Breton établi dans la capitale n’a pas oublié ses origines prolos à l’étranger. Supporter invétéré de Dortmund et Liverpool, il répète à qui veut l’entendre : « On a volé deux fois le Ballon d’or à Chapuisat et Carragher ».
Notre Maduiti, en hommage à la marque « A l’aise breizh » avec ses autocollants qui ont remplacé les « bzh » aux cul des voitures de touristes armoricains, a gardé une flamme intacte pour cette époque des maillots larges floqués « Eurest », des shorts courts et des chaussettes baissées. Ce Zemmour – non facho – regrette, il va sans dire, le footballeur coton-tige adepte du café-crème aux performances ronaldesques tout en dribbles et en muscu. Cette année, vous l’avez deviné, il se réjouit du retour du Sco d’Angers en Ligue 1 et de la renaissance du Red Star, tant qu’ils finissent derrière Le SB 29, ça va de soi !


 

 

Pour chaque super-héros, il y a des super-vilains, mais ce n’est vraiment pas leur faute, c’est la vie qui les change. Le docteur Cevan Bommel est de ceux là.

Il a grandi dans une région terrible.
Là-bas, le football n'existe pas.
Là-bas, le sport doit être passionnément ovale, sinon t’es juste une « fait pour écraser des mouches ».
Là-bas, le rouge et noir, ce n’est ni Jeanne Mas, ni Rennes.

Il a souffert d’aimer secrètement le ballon rond, isolé, persécuté, ostracisé.
Il regardait les matchs quand il le pouvait à la maison, les rideaux clos.

Mais un jour, un terrible accident change sa destinée. Devant un match en 1999, il voit ses combattants adulés, ses chevaliers favoris, qui longtemps marchent vers le triomphe. Le jeune Cev admirait ces gueules suintantes d’envies de vaincre. Ils devaient gagner ! 85 minutes à mener puis … Sheringham, Solskjaer, la chute, l’abîme, le néant …Il a alors complètement perdu la raison.

Depuis, déchu, il s’est fait connaître comme le Dr Cevan Bommel. Il terrorise la population, prenant un plaisir cruel à revendiquer sa folie du foot. Il fait partie de la dangereuse secte des super-vilains qui suit le TFC. Il traîne dans le noir, défendant les footballeurs besogneux et malhabiles, exclus des hi-lights. Des pulsions meurtrières l’habitent, en voyant certains changer plus souvent de clubs que lui de blouse. Le docteur fait des rêves de destruction du football contemporain, où on retrouverait des valeurs caduques de fidélité, de romantisme, ou on comprendrait qu’un tacle au niveau des amygdales peut être une maladresse involontaire !

Les circonstances ont crée l’être qu’il est aujourd’hui. Un super-vilain, un méchant, sûrement maboul.

De toute façon, « tout être différent, sortant de la norme, est considéré comme fou. » disait le King.


 

 

Le professeur guilty est né en 1883 en Italie peu après l’unification officielle du pays. Plus précisément à Milan. À l’âge de 7 ans, il accompagna son père chercher des pâtes fraîches à Lidl, en périphérie. Jusque là rien d’extraordinaire me diras-tu. Sauf que… sauf que…dans le bus qui les menait au supermercato une mouche un peu particulière le piqua à la tête. Soudain Guilty eût une vision déconcertante : il créera le club le plus titré du monde, il y aura 8 ballons d’or dans leur histoire et ils joueront en rouge et noir. Le rouge pour rappeler le diable, le noir pour inspirer la peur. Lorsqu’il le dit à son père, celui-ci se mit à rire et lui dit : « Quelle mouche t’as piqué ? « . Évidemment.

En 1899, le 13 décembre exactement, naquit officiellement le milan football and cricket club. Pourquoi le 13 décembre ? Parce qu’il fait froid à Milan en décembre et en plus on s’emmerde terriblement.

Petit à petit Guilty fit son nid. À l’âge de 16 ans il fut nommé professeur agrégé  de philosophie, spécialisé dans le football. Il a notamment travaillé sur des questions telles que :  » si elle est dedans, est-ce que c’est pareil ? « , « comment se retrouve-t-on étrangement seul dans une surface de réparation ? Et qu’y a-t-il à réparer ?  » ,  » pourquoi le plat du pied est-il une sécurité qui ne fonctionne pas chez Florian Thauvin ? « …

Il participa également à la création d’un club un peu bling bling dans les années 70 en France pour rigoler et faire plaisir à son ami Patrick Bruel : le Paris Saint-Germain. Rien de bien méchant, quelques titres, beaucoup de rigolades, des joueurs mythiques : Amara Diané, le TGV ivoirien, Mickaël Madar, le couettou, Francis Llacer, le boucher du dimanche, entre autres. Le Professeur n’a rien contre les français même s’il les trouve parfois arrogants mais, son attirance profonde pour la saucisse sèche d’Auvergne et pour le cantal, notamment le Salers, ont quand même fait pencher la balance et l’ont incité à donner quelques cours aux cousins gaulois.

Maintenant âgé de 132 ans, il estime qu’il est prêt à te faire part de ses réflexions en compagnie de ses fidèles alliés.

 

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